Centre de Chirurgie Urologique Polyclinique Courlancy Reims
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Prostatite Aiguë


Diagnostic d’une prostatite aiguë

La prostatite aiguë est une infection de la prostate due à une bactérie.

Le diagnostic de prostatite est à évoquer devant toute infection génito-urinaire fébrile de l’homme adulte à l’exception des pyélonéphrites (infections rénales).
Les symptômes sont ceux d’une infection urinaire (mictions fréquentes et impérieuses, brûlures mictionnelles, dysurie (difficulté à uriner), douleurs périnéales associés à la survenue de frissons et d’une fièvre > à 38°5C.

D’autres symptômes non spécifique à l’appareil urinaire peuvent également être présents :

  • Des douleurs irradiant dans le bas du dos (douleurs lombaires) plus ou moins intenses
  • Syndrome grippal avec des douleurs dans les articulations et dans les muscles.

Prostatite Aiguë

L’examen physique consiste essentiellement à effectuer un toucher rectal au patient.

La prostate est alors douloureuse et paraît chaude. Elle est quelquefois augmentée de volume du fait de l’oedème de la glande lié à l’inflammation.

Il faut régalement rechercher une infection associée des organes génitaux externes (orchi-épididymite), caractérisée par de grosses bourses et des testicules douloureux.

L’abdomen est palpé à la recherche d’un globe vésical témoin d’une rétention aiguë d’urine.

Bilan étiologique d’une prostatite aiguë

Quand apparaît une infection urinaire fébrile chez un homme jeune, c’est le plus souvent une prostatite aiguë à Chlamydiae qui fait habituellement suite à une urétrite. Deuxièmement, il faut rechercher la notion d’une manipulation endo-urologique récente : une prostatite iatrogène peut apparaitre après tout geste endoscopique sur la prostate ou sur le col vésical.

Enfin il faut éliminer la présence d’un obstacle organique ou fonctionnel du bas appareil urinaire (sténose urétrale, vessie neurologique, dysynergie vésico-sphinctérienne maladie du col vésical ou adénome prostatique (HBP).

Bilan immédiat :

ECBU :
Les analyses d’urine mettent en évidence la présence de sang dans les urines (hématurie) et on constate la présence de pus dans les urines (pyurie).
La mise en culture des urines (uroculture) est n’est positive que dans 60 à 70 % des cas. Les germes en cause sont multiples : colibacille (E. Coli), streptocoque D, Klebsiella …

Hémocultures :
Afin de rechercher un passage sanguin de la bactérie (bactériémie).

Sérologies :
Mycoplasme, Chlamydiae, HIV et syphilis et gonocoque si notion d’urétrite.

Echographie prostatique sus-pubienne :
Devant toute prostatite qui n’évolue pas favorablement à 48 heures sous antibiotiques ou chez un patient avec un globe vésical, on réalisera en urgence une échographie sus-pubienne. Cette dernière confirme le globe vésical ou mesure le résidu post-mictionnel, et élimine par ailleurs un abcès prostatique. L’échographie endorectale n’est réalisée en aiguë seulement en cas de suspicion d’abcès prostatique car elle permet de guider une ponction évacuatrice ou un drainage de l’abcès.

Massage prostatique :
Il est possible de recueillir des sécrétions prostatique émises par l’urètre après massage de la prostate et de les mettre en culture mais il est généralement déconseillé de masser la prostate en cas de poussée aiguë du fait du risque de bactériémie( propagation de l’infection à travers la circulation sanguine)

Cette manipulation de la prostate est plutôt proposer par certain auteur dans le bilan étiologique des prostatites chroniques.

Bilan à distance ( > 1 mois) :

Il a pour objectif la recherche d’un obstacle sous cervical anatomique ou fonctionnel

  • Débimétrie :
  • Cystographie rétrograde et mictionnelle
  • UIV avec clichés per et postmictionnels (si le haut appareil n’a pas été exploré en échographie).

Traitement de la prostatite aiguë

Prostatite Aiguë

En aiguë, du fait de l’inflammation, la plupart des antibiotiques ont une bonne diffusion prostatique.

Puis secondairement, il est nécessaire d’utiliser un antibiotique liposoluble pour pénétrer les membranes des acini.

Dans les formes peu sévères :
Le traitement peut d’emblée commencer par voie orale à domicile par une fluoroquinolone pour 3 semaines. En ce qui concerne le cotrimoxazole, on aura à l’esprit que 10% environ des Escherichia coli sont maintenant résistants.

Dans les formes sévères :
Il est recommandé d’hospitaliser le patient et de commencer l’antibiothérapie par voie parentérale en association avec un aminoside pendant environ 5 jours.

Le relais est pris par voie orale après vérification de l’efficacité de l’antibiotique par l’antibiogramme avec une fluoroquinolone pour une durée de 3 semaines minimum (3 à 5 semaines).

Dans tous les cas on recommande le repos au lit et l’utilisation d’antalgiques.

Chez les patients très gênés pour uriner, il est parfois nécessaire d’ajouter des anti-inflammatoires et/ou des alpha-bloquants afin de favoriser la vidange vésicale.

Les rapports sexuels doivent être évités ou protégés durant la durée du traitement et en cas d’infection transmise, le traitement des partenaires est systématique.

Rétention aiguë d’urine

Prostatite Aiguë

On rappelle que tout cathétérisme urétral est à éviter et qu’en cas de rétention aiguë d’urine sur une prostate infectée, il est préférable de poser un cathéter sus-pubien.

Si les conditions ne le permettent pas (patient sous anti-coagulant, pontage vasculaire en position pré-pubienne, ou impossibilité technique) il faudra alors réaliser un sondage vésical le moins traumatique possible afin de ne pas provoquer une décharge bactérienne à point de départ prostatique.

L’abcès prostatique

Il s’agit d’un amas de pus situé à l’intérieur de la prostate du aux complications d’une prostatite aiguë ou d’une Orchi-épididymite. L’abcès de la prostate concerne généralement les patients âgés de 40 à 60 ans.

Les micro-abcès de la prostate (inférieurs à 1 cm) sont habituellement traités par des antibiotiques à bonne diffusion prostatique comme les fluoroquinolones pendant 4 à 6 semaines minimum.
Pour les abcès plus volumineux ou en cas d’évolution défavorable, la plupart nécessitent un drainage chirurgical complémentaire.

Prostatite Aiguë

Actuellement, le drainage percutané (périnéal ou transrectal) sous contrôle scanographique ou plus fréquemment sous échographie endo-rectale, permet une évacuation rapide et correcte des abcès, tout en évitant une anesthésie générale.

La mise à plat par voie transurétrale est indiquée pour les abcès prostatiques situés en para-urétral.

  • Abcès < 1cm : Fluoroquinolones pendant 6 semaines
  • Abcès > 1 cm : Ponction par voie périnéale et/ou mise à plat par voie endoscopique

Référence : HERARD A. et coll. ,Progrès en urologie , 1999, vol. 9, no4, pp. 767-771

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